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(Ouest-France du 22/12/2011)
Jean-Paul Choisnet dans son atelier. En cours de réalisation : l'appointage du tissu de chaises de restaurant. |
Jean-Paul Choisnet est né à Sainte-Suzanne. Il est entré à 14 ans comme apprenti chez Roger Plot, matelassier-tapissier, place de la Mairie, dans la même ville. Il se souvient. « J'allais uniquement aux cours d'enseignement général, puisqu'il n'y avait pas d'école en Mayenne qui correspondait au métier. Je n'avais donc pas de possibilité de passer le CAP. »
Peu importe. Roger Plot l'embauche comme ouvrier. Il restera 13 ans chez l'artisan. « Il m'a tout appris et m'a communiqué son savoir-faire, raconte Jean-Paul Choisnet. On restaurait les fauteuils des particuliers et beaucoup de literies. À cette époque, les gens avaient des lits de toutes les dimensions. » Comme par exemple les lits de coin. Que ce soit pour le neuf ou la restauration, l'essentiel de la matière première était locale : planches de peuplier de chez Moranne, le menuisier, et de la laine de mouton fournie par les agriculteurs. « C'était de la vraie fabrication artisanale, du solide ! » se rappelle Jean-Paul Choisnet, qui avoue cependant avoir eu parfois des difficultés pour la pose et la fixation des ressorts des sommiers.
Un des plus beaux métiers
Mais les aléas de la profession conduisent l'ouvrier matelassier-tapissier à suivre des cours de gestion et à s'installer à son compte en 1984. Son garage de la rue Perrine-Dugué devient alors un atelier où il continue son métier de « réparateur ». Marteau aimanté en main et semences dans la bouche, il redonne vie à des chaises et des fauteuils d'hôtel, ou de famille le plus souvent. Et après le boom des supermarchés pendant les années 2000, le spécialiste « revient un peu à la réfection, à la recherche de la qualité. »
Parmi les plus belles pièces en 44 ans de métier ? « Un trône royal avec des armoiries et des têtes de lions sculptées. Mais aussi un matelas rond de deux mètres de diamètre... » se remémore avec fierté l'artisan.
Discret, Jean-Paul Choisnet explique que, dans son atelier, il façonnait ces objets « un peu dans l'ombre. Mais redonner une nouvelle existence à un vieux fauteuil ou à un bien de famille, est un des plus beaux métiers. » Et surtout « voir le sourire du client quand il retrouve une pièce rénovée comme il le souhaitait. Ça c'est une des grandes satisfactions de l'artisan. »
Jean-Paul Choisnet pense avec regret que le métier de matelassier-tapissier n'est pas assez connu. Un métier d'avenir ? « Ma certitude est qu'un jeune peut réussir s'il est patient, minutieux et volontaire. Car la clientèle existe. » Après une vie de passion, le futur retraité va maintenant pouvoir consacrer un peu plus de temps à sa famille, à la marche et au jardinage.
Jean-Paul Choisnet dans son atelier. En cours de réalisation : l'appointage du tissu de chaises de restaurant.